Entries from avril 2007

Adaptation et appropriation

Dimanche,29 avr, 2007 · Pas de commentaire

 

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L’un des fardeaux du cinéma depuis son explosion dans les années 30-40 est sans aucun doute l’adaptation sous toutes ces formes. L’exploitation ‘vaudevillesque ’ du cinéma a graduellement cédé sa place à une longue et parfois pénible tradition d’histoires et de contes. L’attraction est devenue démonstration, puis tout simplement monstration.

Mais n’ayez crainte, je n’ai pas l’intention ici de faire le procès du cinéma narratif qui, malgré tout, me berce depuis ma tendre enfance. En fait, l’introduction ici est surtout pour mettre en lumière la fâcheuse tendance qu’a l’adaptation cinématographique a produire des ratés, en ce sens ou souvent le passage d’un médium à un autre dénature tout simplement l’histoire qui se veut d’être montré. Pensons instantanément aux tentatives parfois laborieuses de mettre en images les mythiques contes des Milles et une Nuits. Malgré le génie de Ray Harryhausen, ces films sont pour la plupart que des vagues souvenirs relégués aux oubliettes.

Cependant, dans toute cette tradition de raté, un film m’a particulièrement touché de par l’essence même de son appropriation du texte d’origine. The Rules of Attraction de Roger Avary reprend d’une façon très délinquante le texte du même nom de l’auteur américain Bret Eston Ellis.

Délaissant les années 80 qui sont si chères à Ellis et laissant en suspens la plupart des tangentes bisexuelles du roman d’origine, Avary accomplit tout de même l’admirable tâche d’extraire l’essence même de la plume romanesque d’Ellis et de la transposer sur le grand écran. Je suis un très grand fan de Bret Eston Ellis qui est, à mon avis, l’un des auteurs phares de sa génération aux États-Unis. Jusqu’ici, les adaptations de ses romans étaient plutôt maladroites. Less Than Zero est définitivement à oublier et American Psycho, malgré une performance intéressante de Christian Bale, demeure très loin de la puissance du texte d’origine.

Alors pourquoi The Rules of Attraction? Je n’ai pas de réponse absolue mais la théorie la plus juste serait sans doute de souligner l’absence de prétention qu’a Avary dans sa démarche. Le film est juvénile, maladroit dans la technique, mais l’esprit est là. Ellis, c’est la génération MTV qui carbure aux drogues dures, aux nuits blanches et aux aventures sexuellement louches. Avary décontextualise, mais conserve les thématiques. Ses protagonistes sont froids, désabusés et surtout, ridiculement superficiels.

Malgré la maladresse du projet, j’attends tout de même avec impatience la prochaine adaptation d’Avary d’une œuvre d’Ellis. Glamorama a été annoncé il y a quelques années, mais le projet tarde à voir le jour. En attendant ce nouvel opus, revisitons cette superbe relecture en ce dimanche pluvieux et savourons le malheur des autres parce qu’essentiellement, c’est peut-être la seule chose qui peut encore nous distancer de notre propre malheur.

THE RULES OF ATTRACTION
Bret Eston Ellis, 1987

THE RULES OF ATTRACTION
Roger Avary, 2002

Catégories : Bouquin · Cinéma

Jewel et les secrets d’une adolescence anonyme.

Dimanche,22 avr, 2007 · Pas de commentaire

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Well in case you failed to notice,
In case you failed to see,

This is my heart bleeding before you,
This is me down on my knees, and…

Vous savez, il y a de ces trucs qui reste malgré tout. Souvent, nos coup de cœur à la polyvalente se transforme en petites anecdotes du Samedi soir. Ça va pour les filles, les films, les aliments. En fait, tous les trucs qui ont marqué notre univers à l’adolescence sont destinés à devenir une sorte d’entité nostalgique qui ressurgit à l’occasion, souvent avec l’aide d’un petit verre de trop à la taverne du coin.

Mais il y a ces choses qui restent…

Jewel, sa guitare et ses airs du grand Nord ont peuplé très tôt mon paysage musical. Dans mon patelin natal, royaume du hard rock et du punk californien, apprécier une jeune fille à la guitare n’est pas très bien vu à la polyvalente. L’album Pieces of you de Jewel a longtemps été mon petit secret bien enfoui pour les longs moments de solitudes dans ma chambre. Petit secret certes, mais l’impact fût considérable. La voix mielleuse de la jeune femme, son air candide et ses refrains crève-cœur m’ont rapidement habitué à la simplicité du folk et, par extension, de la puissante ère country qui a marqué nos voisins du Sud.

Sans tomber dans l’excès, je crois que je dois beaucoup à Jewel et à son premier album solo. Fort heureusement pour elle, car ses incartades avec la pop et les chorégraphies douteuses auraient pu achever les fans qui lui vouaient un culte presque maladif. Faut croire que je n’ai jamais été un ‘fan-boy’ alors, je lui pardonne ses choix douteux. Après tout, j’imagine que de se faire demander son joli minois en permanence pendant des années finit par influencer une jeune femme.

Elle a vieilli, elle a beaucoup de route derrière sa guitare un peu usée, mais tout de même, elle nous sort encore à l’occasion une chanson qui nous rappelle pourquoi elle a autant marqué une génération qui se remettait à peine des contrecoups du rudimentaire, mais efficace grunge.

Alors pour toutes ces raisons et aussi pour célébrer le retour du printemps, replongeons dans nos cœurs et revisitons cette compositrice hors pair.

JEWEL
Pieces of you, 1995

Catégories : Musique

Jour de maladie

Mardi,17 avr, 2007 · Pas de commentaire

En ce Mardi plutôt morose sur le grand Montréal, je fête mon deuxième jour de maladie à la maison avec un petit brin de musique mielleuse. Je ne suis pas vraiment un fan de Plain White T’s, mais ce simple à un petit quelque chose de très accrocheur et en attendant une critique plus élaborée comme j’ai l’habitude de faire ici, je fais de Hey There Delilah ma sélection du jour.

Catégories : Musique

La sublime Pascale

Samedi,14 avr, 2007 · Un commentaire

En attendant de mettre finalement la main sur le premier disque de Pascale Picard, régalons-nous grâce à notre ami YouTube. Reste à voir si les stations de télé emboîteront le pas et seront assez alerte d’esprit pour donner de la visibilité à cette succulente artiste de Québec.


Pascale Picard
Gate 22 – Me Myself and Us
2007

Catégories : Musique

Mclusky et le vice.

Jeudi,12 avr, 2007 · Un commentaire

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Un plaisir coupable dans la plus pure des traditions. C’est encré profondément en moi, j’ai appris la ‘diversité musicale’ dans les années 90 et ma préadolescence fût bercée par les hymnes grinçants des défunts grands noms du grunge tel que Nirvana et Alice in Chains.

C’est donc sans grande surprise que lorsque je ressens le besoin de me réconforter dans une musique en particulier, je me tourne presque toujours invariablement vers les guitares grinçantes et les performances suintantes. Malheureusement, les classiques de mon adolescence se font vieux et je suis toujours à la recherche de sang neuf pour assouvir ma violence musicale.

C’est ici qu’entre Mclusky, ce trio des pays de Galles qui pendant de trop courtes années, neuf au total, on totalement brasser la cage de la scène alternative mondiale. Rien de très neuf ici musicalement parlant, sinon qu’une énergie franche et les deux pieds dans l’attitude qui a forgé les grandes icônes rock comme Iggy Pop et j’en passe. Et je dois l’admettre, en recevant par la poste aujourd’hui le coffret de 3 disques avec des ‘B-sides’, des ‘C-sides’ et des extraits en concert, je me sentais comme à 14 ans quand j’allais flamber l’argent récolté en tant que camelot chez le disquaire de mon village natal.

C’est la beauté de la chose. Une petite boîte remplie de sueurs, de sacres et d’obscénité fait revivre le gamin un peu naïf en moi. De l’expression à son plus simple niveau, des désirs à la limite du bestial, Mclusky ne fait pas de promesses sinon que d’être bruyants et conséquemment insolent de par sa nonchalance affichée.

De l’insulte des fans présents dans la salle au manque de voix, le trio nous transporte dans un petit monde rempli de sarcasme, d’ironie et malgré tout d’une lucidité absolument décapante. Le titre de leur premier album, my pain and sadness is more painful and sad than yours, est à mon avis la plus belle tranche d’ironie qui puisse exister et par extension une critique lucide et décapante de l’univers musical du 21e siècle.

Mclusky sur Wikipedia
Mcluskyism
2006 - 3 CD Set - Too Pure

Catégories : Musique

The Ice Harvest, commentaire ‘hors-saison’.

Dimanche,8 avr, 2007 · Pas de commentaire

Ice Harvest
As Wichita Falls
So falls Wichita Falls…

Je dois l’admettre d’entrée de jeu, je ne suis absolument pas dans le bon timing pour parler d’un film de ‘Noël’. Mais d’un autre coté, je ne me suis jamais vraiment fixé le mandat d’être d’actualité ou de parler du ‘film de l’heure’, comme par exemple Grindhouse qui vient de frapper les écrans en grande pompe.

Ceci étant dit, passons à la critique du film d’Harold Ramis, le même type qui nous a offert dans les années 90 l’éternel Groundhog Day qui, pour plusieurs, demeure encore une référence du talent étendu de Bill Murray en tant qu’acteur principal. Le grand malheur d’avoir Ramis à la barre de cette adaptation du roman de Scott Phillips c’est que les gens s’attendent à une comédie pure et dure, dans la tradition des Caddyshack et autres projets plus ou moins pertinents de la filmographie de Ramis. Et Universal n’a définitivement pas aidé cette image en coiffant le film d’une bande-annonce qui, en plus d’être non représentative de l’esprit du film, est tout simplement mal foutue et désagréable. La première fois que j’ai vu la dite bande-annonce en salle, je me rappelle d’avoir placé le film dans la catégorie des ‘peut-être en DVD par un jour pluvieux’. C’était clair dans ma tête et très malheureux pour le film parce que la bande-annonce ne donnait absolument pas l’heure juste sur le film.

Plusieurs mois plus tard, vient la sortie en DVD et une journée pluvieuse arrive. J’étais assistant-gérant dans un vidéo répertoire à l’époque alors non seulement j’avais le film gratuitement mais je l’avais pour une durée indéterminée. Je me rappelle avoir visionné le film deux fois dans le même week-end, en plus des ajouts sur le DVD et d’avoir survolé le bouquin de Phillips par la suite. Bref, malgré la publicité un peu boiteuse et les quelques impairs dans la réalisation de Ramis, j’étais conquis.

Sans vouloir faire de raccourci, The Ice Harvest est l’une des plus belle référence aux belles années du film Noir qui m’est été donné de voir. Tout y est, l’ambiance très glauque à la vieille de Noël, la température hostile, les personnages très caricaturaux, les règlements de comptes très primitif, les dialogues cinglants et surtout, la femme fatale comme le faisait si bien Howard Hawks.

Malheureusement, tous ces éléments ne sont pas toujours bien balancé. John Cusack fait beaucoup d’effort, mais son jeu n’est souvent pas à la hauteur de la production. Il est le personnage central de ce gros remue-méninges et plus souvent qu’autrement, ceux qui l’entourent l’éclipsent totalement. On est loin de la figure forte comme Humphrey Bogart par exemple, ou bien encore Jack Nicholson dans l’hommage au Film Noir qu’était le Chinatown de Roman Polanski. Cette lacune au niveau du ‘héros’ emblématique nuit au film dans la mesure ou l’action repose sur le jeu de Cusack. Il y a donc des hauts et des bas mais somme toute, l’ensemble n’en demeure pas moins fort satisfaisant.

Pour donner un exemple, lorsque John Cusack essai maladroitement de plaire à une danseuse dont il est amoureux fou. Non seulement le ‘héros’ est amoureux de la femme fatale du film mais ici, elle le manipule à son bon vouloir et ça rappelle étrangement la dynamique employé par Hawks dans Th Big Sleep ou le personnage de Bogart se voit littéralement écrasé par les figures féminines autour de lui. Ici, Ramis recycle ces mécanismes et développe un univers qui est non seulement très juste, mais très envoûtant. Son Wichita Falls est une communauté quelconque au fin fond du Kansas, mais avec d’habile tour de passe-passe, Ramis crée un lieu singulier, hostile et tout de même attachant.

Je recommande fortement ce film simplement pour le bel hommage qu’il représente. C’est maladroit par endroit, mais c’est toujours honnête comme effort. L’écriture de Phillips transparaît superbement à l’écran et l’esprit d’urgence du roman est habilement conservé. Pour ceux habitant le quartier Rosemont, j’ai vu le film à 4,99$ au DVDo de la Promenade Masson, au coin de St-Michel.

Catégories : Cinéma

The Dears, Live in LA!

Samedi,7 avr, 2007 · Un commentaire

The Dears

Hier, le catholique refoulé en moi, fier porteur de tous ses sacrements à l’exception du mariage et de l’extrême-onction, s’est permis de célébrer le Vendredi Saint.

Bon, j’avoue que d’un point de vue ‘éthique’, manger de la junk-food et acheter des disques et des livres n’est pas tellement une célébration religieuse mais, dans mes convictions personnelles interchangeables, ce l’est.

Longue histoire courte, je vais ‘downtown’ dans la ferme intention de mettre la main sur le premier album de Pascale Picard. Vu le titre de ce billet, c’est d’une évidence que l’incompétence chronique des disquaires montréalais m’a empêché d’acquérir le disque. Quatre boutique plus tard, je me résigne et je fouine dans les autres sections histoire de ne pas repartir bredouille.

À ma grande surprise il y avait un disque qui me manquait et dont personne ne m’avait souligné l’existence et il s’agit d’un album double en concert du groupe canadien The Dears. Étant un fan fini de ce band, je n’ai pas trop hésité à débourser les 35$ pour me procurer l’album.

Mes conclusions? C’est tout simplement jouissif comme disque. Bien que l’intensité de la foule soit de beaucoup atténué par l’enregistrement, le disque n’en demeure pas moins un incontournable pour tous les fans (et non-fan) du groupe. Toute l’ampleur des mélodies riches et complexes du groupe prends son sens dans l’exécution devant public. Les complaintes, teintés de fausses notes et d’étouffements, sont riches et poignantes.

Le seul petit hic c’est la durée. Pour un disque double on s’attends à une longue session, mais ici, ça dépasse de façon très marginale l’heure d’écoute et c’est bien dommage, on en prendrait toujours plus avec The Dears.

La dépense peut faire mal à certain budget, mais la satisfaction est instantanée. C’est donc mon disque du week-end, sans l’ombre d’un doute, en attendant la disponibilité de la charmante mademoiselle Picard.

The Dears
Live at the El Ray Theatre - Los Angeles, CA
www.thedears.org

Catégories : Musique

Tex Avery, du Cartoons à la verge!

Samedi,7 avr, 2007 · Pas de commentaire

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En tant que rédacteur un peu brouillon et très peu constant, je m’éparpille énormément dans mon ‘travail’ (fortement bénévole, largement accessoire à tuer l’ennui.)

Voici donc un lien vers un autre site d’un texte que j’ai rédiger. Une boutade à ces cartoons que j’apprécie tant.

Tex Avery, pour un phallus déterminant (Sur Ledepotoir.ca)

Catégories : Cinéma