
Aujourd’hui, j’ai revisionné Dead Man de Jim Jarmusch pour la première fois depuis mon départ de l’Université de Montréal. Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai consacré une bonne partie de mon BAC à l’œuvre de Jarmusch et un retour vers ce dernier, pour moi, ne peut s’effectuer sans brasser un large éventail d’émotions et de souvenirs.
Sauf que cette fois ci, j’ai connecté sur un autre niveau avec ce film. Autant je l’ai apprécié pour l’hommage post-mortem qu’il offre sur le grand genre qu’était le Western, autant qu’aujourd’hui j’y ai trouvé une fable sur l’isolation d’un homme sur qui ne s’applique plus les essences mêmes de la vie. Je parlais dans mon billet précédent de Will Eisner et de son désir de s’accrocher à la vie. Bien dans ma nouvelle visite chez Jarmusch, j’ai été accueilli par une fable portant sur l’abandon et surtout sur l’illumination que l’on craint tous : chaque homme meurt seul et cette situation est inévitable.
Le William Blake de Jarmusch meurt non seulement seul, mais anonyme, empruntant une vie, une fuite et même une amitié avant de se laisser aller vers la destination qui lui était assignée depuis l’ouverture du film. De l’Est actuel à l’Ouest d’antan, la quête de ce fantôme livide est de disparaître à tout jamais, sans laisser de trace.
C’est ce qui m’effraie un peu de la vie… Disparaître à tout jamais, sans laisser de traces.
Enfin bref, tenter le coup de revoir Jarmusch sous un autre œil, la richesse du film est telle que chacun y trouve sa fable, sa quête et que l’essence même du voyage réside dans la compréhension de sa destination. Je vous laisse sur un poème de William Blake, citer à plusieurs reprises dans le film. Cheers !
Every night and every morn
Some to misery are born,
Every morn and every night
Some are born to sweet delight.
Some are born to sweet delight,
Some are born to endless night.
4 réponses so far ↓
P'tit Rien // Mercredi,13 juin, 2007 à 2:51
Le poême est superbe… Merci de me l’avoir fait découvrir! ;-)
Stephane // Mercredi,13 juin, 2007 à 2:53
Ça fait plaisir,
William Blake a de superbes textes qui sont a découvrir.
Si tu aime bien Blake, je suggère aussi l’incomparable Walt Whitman.
P'tit Rien // Jeudi,14 juin, 2007 à 1:09
Je le connais un peu Blake, mais pas assez, je vais définitivement me renseigner! J’adore la poésie :-))
Marie // Dimanche,17 juin, 2007 à 6:28
J’aime, c’est doux. =)
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