
Comme mentionné dans mon billet précédent, l’AFI a renouvelé son Top 100 des meilleurs films américains de tous les temps et, dans un esprit de collaboration, j’ai replongé dans cette liste ce week-end pour y revisionner quelques-uns de mes grands favoris.
Qu’elle n’était pas ma joie de voir que Duck Soup, mettant en vedette quatre des frères Marx, s’est glissé dans la liste pour faire un joli doublé avec A Night at the Opera, avec trois des frères Marx, qui était déjà dans la précédente liste.
Alors, crème glacée ‘cookie jar!’ en main, j’attaque le visionnement de ces deux grands films de l’âge d’or des Majors qui ne lésinait pas sur le sensationnel et sur le vedettariat pour mousser les ventes de leur dernière production. Et dans les cas présents, on n’y va pas avec le dos de la cuillère. De l’opéra, du ‘slapstick’, des situations sans queue ni tête qui s’accumulent à un rythme incroyable et, en bonus, Groucho Marx qui symbolise l’irrévérence avant même que la notion soit familière à tous et chacun. C’est ce que l’on peut attendre d’un film mettant en scène les Marx. Ce n’est pas tant le récit que le cabotinage autour du récit (quand récit il y a) qui marque et qui captive autant.
La dynamique explosive entre les frères crève à ce point l’écran que parfois, le même gag placé dans deux endroits différents se réinvente de par lui même.
C’est d’ailleurs ce qu’il manque dangereusement à notre cinéma commercial de nos jours, des figures emblématiques qui traversent l’écran sans même avoir besoin d’y être. On a eu les Marx, Chaplin, Tati, Moretti, mais là … plus rien, c’est le vide complet. Il y a quelques rescapés de SNL qui tentent de recréer l’engouement, les Sandler, Carey et Farrell de ce monde, mais malgré toute leur grimace, le train manque de charbon et les bouffons deviennent rapidement bien tristes. Ce n’est pas que l’humour est en manque de d’artisans, bien au contraire, c’est que c’est même artisans s’éparpillent tellement avec l’omniprésence de la télé et des médias qu’il n’y a plus de mythe autour d’eux.
La fausse moustache de Groucho, 40 ans après sa mort, est encore un symbole fort d’une époque révolue. Quelqu’un va réellement citer ‘Happy Gilmore’ dans 15 ans? J’en doute fort.
Alors, faites abstraction du meurtre plus ou moins prémédité du mythique cinéma de l’ère ‘silver screen’ et replongé vers ces vieux classiques qui, malgré beaucoup d’efforts, ne seront pas oubliés. Gardez bien en tête aussi que les Marx, tels une bande de fous du roi acharnés, n’existent que parce que le clown peut dire les vérités de ce monde sans avoir peur de se faire couper la tête. Ça mes amis, c’est une arme salement intéressante quand elle est placée entre les mains de bonhommes habiles et intelligent tel que Groucho Marx.
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