On verse une larme puis l’on suit le ruisseau vers la source fraîche…

Jeudi,2 août, 2007 · Pas de commentaire

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Comme plusieurs le savent sans doute déjà, deux grosses pointures de l’imaginaire cinématographique ont rendu l’âme cette semaine. Ingmar Bergman et Michelangelo Antonioni ne sont plus, laissant derrière eux deux œuvres intarissables qui continueront encore leur belle collection d’éloges que tous les cinéphiles, jeunes et moins jeunes, ont à leur offrir.

Sans tomber dans l’excès d’hommage, je ne peux m’empêcher de souligner la relation que j’ai appris à entretenir avec ces cinémas riches de sens et de découvertes. D’abord imposée, puis souhaitée, l’œuvre de ces deux grands créateurs sera sans doute une inépuisable source d’image pour mon jeune jugement encore impressionnable, voire façonnable. Pour que ces films parcourent l’immense trajet entre le dédain et la fascination dans mon esprit, il a fallu temps et concession. La belle qualité qu’on ne pourrait jamais enlever à ces deux hommes, c’est l’essentiel voyage qu’ils obligent à l’auditeur pour apprécier leurs dons à la collectivité. Que le voyage soit imposé, accidentelle ou encore planifié, il laissera toujours ses traces et sera, d’une manière ou d’une autre, au moment duquel l’on parlera en sous-entendant un ‘avant’ et un ‘après’. Peu de choses dans ce bas monde nous font explorer le voyage dans sa tradition de l’abandon de soi plutôt que du déplacement, je crois que la perte de ces deux cinéastes nous éloigne de plus en plus de ce possible évasif.

Cependant, il ne faut pas s’arrêter. Je crois qu’il faut continuer même si l’on ne cessera pas de jeter un œil dans le rétroviseur, croyant encore au canular. Cette poursuite du trajet nécessite alors un nouvel arrêt, une nouvelle quête. La mienne sera sans doute Raoul Ruiz et son film Klimt, basé sur la vie du peintre du même nom. Roland Smith et l’équipe du Cinéma du Parc nous offrent la chance de voir cette production de Ruiz sur grand écran et ce serait une grave erreur de rater l’occasion de savourer ce qui a la possibilité d’être un délire des sens à la hauteur de la réputation de Ruiz.

Le deuil n’étant pas éternel, j’espère que vous emprunterez les festivités que nous offrent Ruiz et le Cinéma du Parc. Sinon, il y a toujours les courbes de la plantureuse Marilyn à partir de la semaine prochaine. Délire visuel certes, mais attaquant d’autres sens que je vous laisse la discrétion de détailler vous-même.

Catégories : Cinéma

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