
En fait, ce n’est pas tant de la haine qu’un désenchantement. À mes premiers milles en tant que bachelier, j’étais enivré par l’abondance d’avenues qu’offrait l’exploration artistique, littéraire et cinématographique. Un univers d’idées m’était déployé, un peu comme une immense foire agricole et chaque théorie y vas de ses tours de charmes pour séduire de nouveaux apôtres. Du moderne à l’ancien en chevauchant le contemporain et en poussant de grands ‘hee-ah’ face à la masse moins éduquée que soi, on est au sommet de l’univers lorsque confortablement couvé à l’intérieur de la sacro-sainte institution universitaire.
Mais, il y a l’été et le retour à la réalité, retour en région, retour avec le ‘vrai’ monde car malheureusement, il y a une distinction entre l’effervescence intellectuelle et le contact humain. L’Université anesthésie les sentiments et la plupart des jeunes adultes endettés qui atterrissent sur la planète réalité avec un diplôme en poche se voient confronté à un constat fort effrayant : les idées ne nourrissent plus son homme au vingt et unième siècle et ne comble pas les désirs affectifs non plus.
Si l’institution m’a apportée une somme incroyable de curiosité et d’éveil, il y a cette part indélogeable d’isolement qui se refuse de partir après bientôt un an loin de ses murs. Pas que je regrette mon passage sur les bancs de l’opportunité, mais j’ai souvent eu peur d’y avoir perdu plus que quelques milliers de dollars.
Aujourd’hui, mon deuil de la culture encadrée est terminé. Je peux en rire, je peux en pleurer, l’effet est désormais bénéfique et le plus important est que j’ai repris goût en ces merveilleuses choses que l’université m’a apportées. Ces auteurs que je n’aurais pas eu la chance de rencontrer autrement, ces essais et ces erreurs qui rendent l’univers de la création artistique si riche et si diversifié. Dans la dernière année, je n’ai pas terminé un seul livre. Que ce soit une BD, un roman, un feuillet ou un essai, j’ai entraîné mon subconscient a ne plus effectuer l’exercice de lecture de façon conventionnelle et j’ai chassé l’écœurantite qui m’a fait quitter l’institution pour ressemer la passion qui m’y a conduite en premier lieu.
La leçon est simple, voir simpliste. Tout de même, l’exercice était bénéfique dans mon cas. Une année abusive de télévision et de ‘mauvaise éducation’ pour ajouter du poids de l’autre coté de la balance et retrouvé un équilibre qui était perdu depuis trop longtemps. Pas que maintenant l’équilibre soit parfaitement rétabli mais il y a définitivement un sentiment de confort qui s’est installé depuis quelques mois et le sentiment se rapproche drôlement de l’incroyable que ces ‘gens heureux’ décrivent sans cesse. Reste à voir jusqu’où ira cette illumination dans la procrastination active (ou la paresse contrôlée). Qui sait, peut-être serais-je le premier théoricien de la vie devant la télévision et pourrait finalement l’enseigner à l’université. Une éducation pour s’éloigner de l’institution pour finalement enseigner la distance à ceux qui ne l’ont pas encore embrassée. Fabulation ironique, quand tu me tiens…
Je quitte sur une citation amusante à propos de l’université, à prendre avec des pincettes.
- One of the great mind destroyers of college education is the belief that if it’s very complex, it’s very profound.
Dennis Prager
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