
Le dernier effort de David Cronenberg, Eastern Promises, est au centre de bien des murmures cette semaine. Tantôt coup de cœur du public au dernier festival du film de Toronto, tantôt trop violent, tantôt touchant, tantôt marquant, une chose est sûre le long métrage fait jaser.
Pour ma part, j’avais plutôt choisi de fuir les rumeurs avant de visionner le film, histoire de ne pas bêtement créer d’attentes. L’expérience s’était avérer fort appréciable lors du visionnement de History of Violence, alors pourquoi ne pas répéter l’expérience ici.
Mais voilà, il est ici le problème, Eastern Promises est bien loin de History of Violence et on a bêtement l’impression que Cronenberg a manqué de souffle avant d’atteindre le fil d’arrivée et qu’il s’est bêtement laissé choire en espérant le traverser ni vu ni connu. Son choix de casting est discutable d’un bout à l’autre à l’exception de Viggo Mortensen qui est égal à lui-même. La subtilité a manqué le rendez-vous et la violence, presque poétique de History of Violence, ressemble plutôt maintenant à une farce de bien mauvais goût.
Je crois que je suis exagérément dur avec le film parce que je ne comprends pas vraiment la réaction quasi unanime des gens qui encense la grande humanité du film alors qu’il s’articule autour d’archétypes unidimensionnels mafiosi qui font passer la bande des Sopranos pour des aspirants au prix Nobel. La simplicité du film est tellement aberrante qu’on en vient à douter du réel talent de Cronenberg pour croire au perpétuel coup de chance qui le suit depuis des lustres. Comme si sa belle mascarade venait d’attraper un coup de vent de trop et que la misère bien dissimulée prenait toute la place.
Mais, si vous avez envie de voir la mafia russe faire la fête, boire de la Vodka et prendre des bains turques, voilà votre chance. Ou si encore vous préférez tenter l’expérience de voir un Français et un Allemand se parler en presque Russe, et ce dans le plus grand des sérieux s’il vous plait, voici potentiellement votre film fétiche.
En fait, il y a trop d’irritant dans la production pour réellement pouvoir en profiter. La violence est trop souvent gratuite, voir sans intérêt. Le scénario est prévisible, voir redondant. Et le film est tellement focussé sur le petit monde de la Mafia russe que le ‘vrai’ monde semble n’être qu’un arrière-plan très facultatif alors que l’assise du film repose sur la dichotomie entre Mafia et ‘vrai’ peuple. Bref, un beau raté de la part de Cronenberg. On passe l’éponge, on oublie et on attend le prochain j’imagine.
Et je vous laisse avec le lien d’une critique fort intéressante sur le sujet paru dans le New-Yorker. ICI
1 response so far ↓
P'tit Rien // Vendredi,28 sept, 2007 à 1:43
Je n’ai pas aimé History Of Violence, donc, je ne serai pas portée vers son p’tit dernier.
Cronenberg est un peu trop dans son monde pour moi. Je n’ai aimé aucun de ses films!
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