There will be blood

Mardi,12 fév, 2008 · 2 commentaires

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Oh yes, there will be blood

Un film colossal que nous offre P.T. Anderson cette année. Loin de ses exercices maniérés qu’étaient Magnolia ou Punch Drunk Love, Anderson rapplique avec un récit tout en finesse sur la montée vertigineuse d’un magnat du pétrole au début du 19e siècle. Banale à première vue, la prémisse vaguement inspirée du roman OIL d’Upton Sinclair dévoile une multitude de facettes qui enrichies l’évolution des personnages et offre aux spectateurs une dichotomie très violente entre le discours religieux et l’ambition capitaliste qui a forgée l’Amérique moderne telle qu’on la connaît. Puisant dans le bagage fondateur d’une nation basée sur la fierté et la liberté, Anderson mets sur la table un personnage principal, Daniel Day Lewis plus intense que jamais, qui n’arrêtera devant rien pour s’isoler de la société en s’élevant au-dessus d’elle par l’acquisition matérielle et monétaire.

Mais bien au-delà de ce récit quasi épique, Anderson nous offre avec une merveilleuse retenue une multitude de lectures par rapport aux motivations de ses protagonistes. Que ce soit le magnat du pétrole, ou encore l’aspirant pasteur ambiguë ou même le fils adoptif, effacé, tous ces icônes puisent dans le coté sombre de l’être humain pour se définir, s’affranchir si l’on veut d’une existence qui ne récompense pas toujours le plus méritant mais bien celui qui a le plus de volonté.

Brillamment accompagné par la trame sonore de Johnny Greenwood (Radiohead), le film s’introduit sur une quinzaine de minutes sans dialogue nous laissant découvrir, sobrement, le personnage extravagant que va devenir Daniel Day Lewis. La solitude et la volonté aux portes de l’opportunité promise par ses ruées vers l’or improvisée du début du siècle. Des ‘self-made-men’ qui n’ont pour doctrine que leur réussite et comme limite … celle des autres.

On parle ici d’une aventure de 2h45 qui file comme une balle. J’en suis encore sans mots et pourtant j’essais de m’articuler devant autant de brio par un appareillage filmique. Il y a longtemps que le cinéma ne m’a pas aussi profondément ému et croyez moi, ça fait du bien.

Au fort de la course aux oscars, There will be blood risque d’y faire du bruit mais sa plus grande victoire sera sa reconnaissance à long terme. On y reviendera dans 10, 15 et même 20 ans. John Huston nous avait offert The Treasure of the Sierra Madre pour illustrer l’appât du gain chez celui qui peut creuser sa richesse. Anderson vient d’offrir le même cadeau à sa génération en insufflant une réflexion intarissable sur la rançon de la gloire.

Que seriez-vous prêt à sacrifier si l’on vous offrait une vie d’aisance et de richesses somptueuses? Une femme … un ami … un fils … une âme? Faites vos choix, le tout semble inévitable.

Catégories : Cinéma

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