
C’est un peu hors de mes sentiers battus mais tout de même, la nouvelle était trop juteuse pour que je m’abstienne de la commentée.
Victor Lévy-Beaulieu, dans un geste rempli d’espoirs, brûle un exemplaire de son dernier roman lors de son lancement et annonce son retrait de la vie publique pour une période indéterminée.
D’abord curieux, j’ai ensuite fait place à une profonde incompréhension du geste. Bien que je ne sois pas un amateur de littérature de Lévy-Beaulieu, nul doute que le personnage a offert un apport important à notre littérature collective et son dégoûts face au statut actuel du débat souverainiste me pousse vers le non-respect de l’homme.
Laissant une distance entre son passé littéraire et son statut de citoyen est une chose qu’il ne faut pas perdre de vu et VLB, avec ce geste et la déclaration subséquente, n’hésite pas à détruire son patrimoine parce que les choses n’avancent pas comme il le souhaite. VLB se cache derrière la puissance de la patrie pour justifier son œuvre et ses actes mais comme cette patrie semble encore frileuse, son réflexe est de lui retirer ses acquis par protestation.
Vous y voyez du sens? Une forme de chantage/caprice de la part de VLB qui voulait voir un Québec-Pays de son vivant. Non seulement ça confirme que la cause souveraine est belle et bien celle d’une génération éteinte et en complète dichotomie de la génération actuelle, mais ça appuie aussi l’urgence de revamper les revendications au lieu de simplement ‘bouder’ parce qu’on a voté non à deux occasions.
Si VLB ne peut saisir cette évidence, c’est peut-être une bonne chose qu’il se retire du débat. Mais de là à brûler son œuvre symboliquement, il y a marge. Des caprices d’enfants de 4 ans de la part d’un homme d’âge mur respecté, moi, je trouve ça ridicule. Mais bon, c’est juste mon opinion.
5 réponses so far ↓
Elise // Mercredi,5 mar, 2008 à 3:52
VLB, c’est le Denise Bombardier masculin du domaine culturel québécois. Il trippe ben trop sur son nombril pour un apport pas si terrible que ça. Oui c’est vrai, Montréal PQ, mais bon, que dire de plus? Je sais que c’est un biographe important, mais même dans ces biographies, il s’intéresse beaucoup trop à lui-même en y insérant des chapitres entiers sur sa propre petite existence. Vraiment, dès que les médias prononcent son nom, au lieu de m’intriguer, ça me donne juste envie de zapper… Il s’over-expose lui-même quand finalement, tout le monde se fout bien de son opinion de pseudo légende pas tout à fait consacrée.
Stephane // Mercredi,5 mar, 2008 à 3:45
Il y a tout de même une grosse part de la carrière de VLB pre-Montréal PQ qui est digne de mention. Je ne suis pas un fan, mais on ne peut pas snobber son apport sans nécéssairement faire appel à la mauvaise foi.
Mais oui, VLB est peut-être trop narcissique pour apporté un débat éclairé sur la table de nos jours et c’est déplorable.
Serge-André Guay // Vendredi,7 mar, 2008 à 5:10
Que Victor Lévy Beaulieu brûle son œuvre et n’oublie rien
Le Québec de Victor Lévy Beaulieu me tombe sur les nerfs depuis toujours. Son «Québec» est tout ce qu’il y a de plus terne, bourré de petites vies sombres, hypocrites, maladives, vengeresses et dépressives où la chicane et la trahison s’abreuvent à une nature humaine tordue. Victor Lévy Beaulieu fait partie de ceux et celles qui croient que le reflet dans un miroir culturel aide les gens à se comprendre, à s’accepter et à changer pour le mieux. Mais ce n’est pas en passant des heures devant un miroir (livre, radio, télévision) que l’humain saisit sa destiné. Le miroir, c’est un gadget pour cacher aux autres ses réelles intentions. Comment ne pas penser aux découvreurs de l’Amérique remettant aux indiens des fragments de miroirs à qui ils volèrent ensuite les terres.
«Si rien n’est fait et rien ne bouge, il brûlera toute son oeuvre car cela signifiera que tout ce qu’il a écrit n’a servi à rien.» Source Victor Lévy Beaulieu a passé toute sa vie à marchander des miroirs de la société québécoise sous son angle la plus sombre. On ne peut pas parvenir à autre chose qu’une vue sombre. Il fait partie de ceux qui ont tué le rêve québécois en le poussant dans une nuit sans fin. Victor Lévy Beaulieu vient de sombrer dans la noirceur de son œuvre mouvante comme Nelligan dans l’abîme du rêve.
Sa génération, celle des révolutionnaires tranquilles, sera maudite malgré son œuvre. À l’instar de l’église catholique d’avant révolution dominant le Québécois, Victor Lévy Beaulieu fait du chantage en annonçant qu’il brûlera son œuvre. Qu’il la brûle sans rien oublier car il est temps qu’une vraie lumière nous donne un peu d’espoir.
Serge-André Guay, président éditeur
Fondation littéraire Fleur de Lys
ysengrimus // Lundi,9 juin, 2008 à 4:18
Lettre ouverte à la Gouverneure Générale du Canada
http://ysengrimus.wordpress.com/2008/05/26/lettre-ouverte-a-la-gouverneure-generale-du-canada/
Paul Laurendeau
Stephane // Lundi,9 juin, 2008 à 4:24
C’est mignon comme tout comme lettre ouverte, mais avec une conclusion aussi boiteuse, j’aurais presque honte d’associé mon nom à ce propos.
Sans rancune, mais l’excès de ‘choc’ en utilisant des préjudices raciaux à contre-sens n’a plus tellement d’impact, particulièrement quand le débat essai justement d’outre-passer cette ridicule barrière raciale.
Un pas en avant pour la liberté d’expression, et dix en arrière pour l’équité éthnique.
Chapeau, le balancier avait justement besoin d’être ‘crissé à terre’ sans raison.
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