
Festif sur papier, le congé pascale à été plutôt réflectif dans mon cas. Abus de télé et de substances alcoolisées oblige, j’ai pris ce temps mort pour justement appliquer une réflexion ferme sur ma vie des dernières semaines. Une conclusion me saute au visage et ne veut pas me quitter.
L’engagement me terrorise jusqu’au bout des doigts.
À bien des niveaux, à plusieurs moments dans ma vie, quand est venu le temps de prendre une décision qui allait influencer ma vie sur une longue période, voir une très longue période, la peur s’est toujours emparée de moi et je suis retournée dans ma tanière faire l’hermite. J’ai quitter des emplois par absence de sens à long terme, j’ai claqué la porte sur des relations parce que l’engagement à long terme m’effrayait et, en y réfléchissant, je crois avoir minimisé les ponts avec ma famille parce qu’essentiellement, le moins ils sont impliqués dans ma vie le moins j’ai l’impression d’avoir des chances de les décevoir.
Pour toutes ces raisons, je suis maintenant célibataire, j’ai peu d’amis sincères, je n’ai pas parlé à mon père depuis plus de 3 ans maintenant, je vois ma mère et ma sœur 2 ou 3 fois par année et je suis présentement en réflexion constante à savoir si j’ai vraiment envie de garder mon emploi même si il m’offre une certaine flexibilité financière.
Au lieu de m’empiffrer de chocolat, tel que prévu, j’ai abusé de la réflexion et le constat m’effraie. Dans moins d’un mois j’aurais 24 ans et j’entends encore les mêmes cris dans ma tête que lors de mes 18 ans quand venaient les questions sur mon avenir et sur les décisions sérieuses qui s’en suivaient. Est-ce que les façons de penser changent, vraiment?
On m’a dit récemment qu’avoir un enfant apportait justement une perspective nouvelle à toutes ces questions et, dans mes moments seuls, je suis moins terrorisé à l’idée d’avoir un mini-moi qu’à l’idée d’avoir une femme et un emploi fixe. Ça devrait pourtant être l’inverse, l’enfant étant plus définitif, non? Mais avoir le choix, là maintenant, je prendrais le bambin avant le mariage et la maison en banlieue.
What the fuck’s wrong … je ne peux pas dire mais le constat est là. Dans un an jour pour jour j’imagine que la névrose sera transposé ailleurs mais là, maintenant, l’écriture devient curatrice, voir nécessaire. Alors, c’est ça … read’em and weep comme ils disent.
10 réponses so far ↓
nickarizona // Lundi,24 mar, 2008 à 12:12
Nous sommes de la génération jaded. Les emplois sont interchangeable, les relations sont aussi facile à jetter dans le gutter. C’est peut être justement trop confortable ou je ne sais trop. Reste que l’enfant est une stabilité saine, trust me; peut-être l’unique stabilité nécessaire. C’est à se demander si nous avons toujours le besoin de se sentir en sécurité quand juste être là ne suffit plus.
Stephane // Lundi,24 mar, 2008 à 3:22
Hey Nick,
Venant d’un gars qui vient d’avoir une petite fille, it means a lot.
By the way, comment elle va?
Panique En Stiletto // Lundi,24 mar, 2008 à 5:26
24 ans? Mais c’est si jeune pour s’engager! Le besoin est là, mais il reste tant d’expérimentations à faire pour se découvrir et savoir réellement où et envers quoi/qui s’engager.
Et pour le modèle petite femme-maison de banlieue, il existe des tonnes de modèles qui s’en éloignent si ce dernier ne te convient pas; encore une fois, il suffit de savoir ce qui nous fait craquer et de ne pas faire de compromis pour satisfaire ces besoins. L’engagement ça fait peur… jusqu’à temps qu’on est trouvé exactement ce qu’il nous faut.
Stephane // Lundi,24 mar, 2008 à 6:04
Ouais, je suis une petite jeunesse rempli de névrose.
Une sitcom ambulante.
Panique En Stiletto // Lundi,24 mar, 2008 à 6:17
T’inquiete pas, ça s’améliore pas avec le temps! :) Je suis rassurante hein? hihihi!
thepige // Lundi,24 mar, 2008 à 10:35
Dans le temps de nos grands-parents et même de nos parents, les gens avaient peu ou pas de choix pour leur futur. Ils étaient destinés à travailler dans le secteur primaire, et a marier la première fille qui voudrait bien leur faire un enfant.
On est l’une des premières générations du Québec francophone à ne pas uniquement être que de la «main d’oeuvre». On est l’une des premières générations à pouvoir s’éduquer our le plaisir de l’éducation, pas seulement pour se former à un secteur d’emploi.
Tu as toute ta vie devant toi, t’es encore jeune, agis selon tes intérêts, et un jour, peut-être seras-tu heureux.
Très bon blogue, en passant.
Stephane // Lundi,24 mar, 2008 à 11:28
Ouais,
J’ai tendance à croire que l’abondance de choix va justement créer un malaise générationelle très grandissant.
Comme quoi l’hyper-personalisation, au fond, crée aussi la sur-abondance d’angoisse par rapport au ‘bons’ choix. J’avais déjà écrit un billet sur l’apparente facilité des existence ‘utilitaire’ tel que les super-héros.
Pouvoir choisir, j’crois que je ‘retournerais à la terre’ pour évacuer les options angoissantes.
Faire des enfants, cultivé le blé, nourrir le paturage. De A jusqu’à Z, rien de surprenant. Bon, ça manque énormément de ‘glamour’ mais il s devaient bien dormir en criss dans ce temps là.
Merci de lire ‘La Pige’.
Kim // Mardi,25 mar, 2008 à 2:57
À Noël, j’ai reçu de mon ex le livre “Sortir de l’indécision”. N’attends pas que ça t’arrive..
Opsinthe // Mardi,25 mar, 2008 à 3:13
C’est bien de te lire toi.
Les mots sont une soupape sans pourtant être capable d’abréger dans l’utilitaire. On m’a dit que j’étais trop dans ma tête, pas assez dans l’concret. (ben oui, bravo)
S’il fallait qu’un enfant devienne la raison d’un meilleur avenir c’est qu’ils sont pour l’intensité d’un moment la source de vérité typiquement humaine de notre raison d’être. C’est ça, la vie. J’ai toujours pensé que j’aillais être terrorisée à l’idée de me reproduire parce que j’voulais pas leur soumettre mes propres angoisses (ça tu l’sais). Mais un mini-moi, dans ta conception des choses, vient justement montré que tu t’connais mieux que tu l’penses et que tu sais où tu veux donner. Penses-y. On est pas si fous.
On est juste con de penser que d’avoir une carapace ne nous donne que le choix d’aller à gauche ou à droite. Par exemple, que d’avoir envie de fonder une famille nous envoit directement (au cachot) en banlieue avec le chien et la clôture blanche. foutaise.
Notre génération, c’est vraiment de l’hyper-personnalisation. On passe trop de temps à vouloir devenir soi. On oublie l’autre. Le p’tit boutte vivant dans nos bras, ça nous parle bien plus de nous-même que jamais toutes les possibles relations qu’on pourrait vivre, qu’on aurait utopiquement ‘à vivre’.
J’aurais jamais pensé t’écrire sur ton blog, mais j’trouve ça chouette de voir que ‘ça parle’, au monde.
Yer mad mister.
Opsinthe // Mardi,25 mar, 2008 à 4:17
p.s. notre propension très post-moderne à “faire de notre vie une oeuvre d’art” (Maffesoli) … penses-y! :p
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