Appelons ça ma phase de question, mais cette semaine, je jongle avec l’option d’abuser de l’alcool ou de me poser des questions aux réponses sans fin. Comme je suis un ‘working drone’ de jour maintenant, l’option des abus éthyliques est moins charmante alors … je me pose des questions et je les partage sur mon blog. C’est à moi après tout, j’en fais ce que j’en veux, pardi!
Alors voilà, la question maintenant. Aspire-t-on d’être publié parce que l’on a envie d’écrire ou parce que l’on a envie d’être célèbre?
Il faut ici prendre la célébrité au sens large du terme pour que la question fasse du sens et n’implique pas qu’au Québec, un auteur est souvent très anonyme vu la ‘non lecture’ de notre génération. Ceci étant dit, la célébrité ici inclus, et n’est pas exclusive à, la notion de voir son nom synonyme d’une œuvre collective qui perdurera après notre existence. La célébrité devient essentiellement, dans le raisonnement suivant, une entité de reconnaissance plus que de consécration.
Blâmons tout de suite Renard-Léveillé (c’est plus drôle écrit ainsi) pour la question parce qu’il a mentionné les dessous de la hiérarchie éditoriale auprès des maisons d’éditions québécoises.
J’en reviens à ma question, pourquoi le désir d’être publié? Plus j’y pense et plus j’ai de la difficulté à concevoir que le désir d’être publié réside purement et simplement dans l’envie d’écrire, que ce soit une fiction, une auto-fiction ou un livre de référence. Il y a ce coté narcissique que partage tous les aspirants auteurs se baladant avec leur manuscrit de portes en portes qui me fait réfléchir par rapport à la pertinence de la démarche. Moi-même, j’ai longtemps voulu voir mon nom en lettre soignée sur la jaquette de livre, mais est-ce vraiment parce que j’ai besoin d’écrire à ce point? Aucun doute sur le fait que j’adore l’écriture mais est-ce qu’un amour envers une action aussi prenante peut vraiment motiver toutes ces démarches?
Sans méchanceté aucune, la collection des aspirants auteurs ressemble à un vaste concours de mensonge pour créer la personnalité artistique la plus charmante / énigmatique qui percera la mémoire collective. L’authenticité étant passé de mode, on se crée des monstres de personnages pour devenir un icône plus qu’un auteur. Après tout, un livre, faut le vendre, et un flanc mou sans avenir … ce n’est pas vendeur.
Alors, comment est-ce que cette culture du faux, du fait sur mesure, peut vraiment reposer un discours qui met à l’avant-plan l’exploration d’une passion viscérale. N’est-ce pas la une contradiction très grasse, voir insultante, pour les auteurs anonymes qui eux n’essai pas d’être publiés mais passe plutôt leur temps libre à noircir des carnets?
Faut pas non plus perdre de vu que pour être publié, il faut d’abord écrire, puit faire la pute aux grands vents pour que nos écrits sans attraper au vol. Alors, quand l’effort de prostitution est plus grand que l’effort d’écriture, peut-on vraiment parler d’une passion des mots … au-delà d’une passion de son ego?
Et oui, je sais que je n’apporte pas tellement de constructif au moulin ici, mais c’est l’effarante contradiction entre le ‘discours’ et ‘l’action’ qui m’agresse ici, comme si l’époque de la littérature ‘pure’ était bel et bien morte pour faire place aux potineurs aspirants pulitzer.
Il y a bien sûr des exceptions, ce serait une erreur que d’inclure tout le monde dans cette mascarade, mais ces exceptions sont elles différentes pour affecter suffisamment le panorama actuel?
Je crois que je suis trop blasé et de mauvaise foi face à tout cet univers. Moi, quand je vois qu’un bouquin a besoin d’un passage à Tout le monde en parle pour faire quelques ventes, ça me désole. Et quand je vois des aspirants auteurs qui se forgent à même ces catins qui justement reçoivent les fleurs de Guy A., je ne peux qu’être triste pour l’avenir de l’expression écrite francophone, québécoise.
Les Blogs prennent de l’importance dans ce genre de situation décevante, mais encore là, il y a beaucoup de sable dans l’eau et bien peu de filtre pour rendre le tout digeste.