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Une histoire de bois par Tom Horacek

Jeudi,10 avr, 2008 · Un commentaire

J’oubliais, je voulais absolument ‘plugger’ le nouveau petit livre de l’éditeur canadien Drawn & Quarterly. Cette fois, c’est Tom Horacek qui reçoit le traitement de faveur et le livre est absolument touchant.

Un trai très enfantin coiffé d’un humour très cynique, très noir, très ‘punché’

Cliquez ICI voir voir la fiche du livre chez Drawn et un court apperçu en .pdf. À ce prix là, ce n,est même pas un luxe, on parle d’une petite gâterie bien méritée. Et si vous cherchez un point de vente physique, il y a toujours la librairie de Drawn & Quaterly, situé sur Bernard, dans Outremont.

Enjoy!

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Être publié … pour écrire ou pour être connu?

Mardi,1 avr, 2008 · 13 commentaires

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Appelons ça ma phase de question, mais cette semaine, je jongle avec l’option d’abuser de l’alcool ou de me poser des questions aux réponses sans fin. Comme je suis un ‘working drone’ de jour maintenant, l’option des abus éthyliques est moins charmante alors … je me pose des questions et je les partage sur mon blog. C’est à moi après tout, j’en fais ce que j’en veux, pardi!

Alors voilà, la question maintenant. Aspire-t-on d’être publié parce que l’on a envie d’écrire ou parce que l’on a envie d’être célèbre?

Il faut ici prendre la célébrité au sens large du terme pour que la question fasse du sens et n’implique pas qu’au Québec, un auteur est souvent très anonyme vu la ‘non lecture’ de notre génération. Ceci étant dit, la célébrité ici inclus, et n’est pas exclusive à, la notion de voir son nom synonyme d’une œuvre collective qui perdurera après notre existence. La célébrité devient essentiellement, dans le raisonnement suivant, une entité de reconnaissance plus que de consécration.

Blâmons tout de suite Renard-Léveillé (c’est plus drôle écrit ainsi) pour la question parce qu’il a mentionné les dessous de la hiérarchie éditoriale auprès des maisons d’éditions québécoises.

J’en reviens à ma question, pourquoi le désir d’être publié? Plus j’y pense et plus j’ai de la difficulté à concevoir que le désir d’être publié réside purement et simplement dans l’envie d’écrire, que ce soit une fiction, une auto-fiction ou un livre de référence. Il y a ce coté narcissique que partage tous les aspirants auteurs se baladant avec leur manuscrit de portes en portes qui me fait réfléchir par rapport à la pertinence de la démarche. Moi-même, j’ai longtemps voulu voir mon nom en lettre soignée sur la jaquette de livre, mais est-ce vraiment parce que j’ai besoin d’écrire à ce point? Aucun doute sur le fait que j’adore l’écriture mais est-ce qu’un amour envers une action aussi prenante peut vraiment motiver toutes ces démarches?

Sans méchanceté aucune, la collection des aspirants auteurs ressemble à un vaste concours de mensonge pour créer la personnalité artistique la plus charmante / énigmatique qui percera la mémoire collective. L’authenticité étant passé de mode, on se crée des monstres de personnages pour devenir un icône plus qu’un auteur. Après tout, un livre, faut le vendre, et un flanc mou sans avenir … ce n’est pas vendeur.

Alors, comment est-ce que cette culture du faux, du fait sur mesure, peut vraiment reposer un discours qui met à l’avant-plan l’exploration d’une passion viscérale. N’est-ce pas la une contradiction très grasse, voir insultante, pour les auteurs anonymes qui eux n’essai pas d’être publiés mais passe plutôt leur temps libre à noircir des carnets?

Faut pas non plus perdre de vu que pour être publié, il faut d’abord écrire, puit faire la pute aux grands vents pour que nos écrits sans attraper au vol. Alors, quand l’effort de prostitution est plus grand que l’effort d’écriture, peut-on vraiment parler d’une passion des mots … au-delà d’une passion de son ego?

Et oui, je sais que je n’apporte pas tellement de constructif au moulin ici, mais c’est l’effarante contradiction entre le ‘discours’ et ‘l’action’ qui m’agresse ici, comme si l’époque de la littérature ‘pure’ était bel et bien morte pour faire place aux potineurs aspirants pulitzer.

Il y a bien sûr des exceptions, ce serait une erreur que d’inclure tout le monde dans cette mascarade, mais ces exceptions sont elles différentes pour affecter suffisamment le panorama actuel?

Je crois que je suis trop blasé et de mauvaise foi face à tout cet univers. Moi, quand je vois qu’un bouquin a besoin d’un passage à Tout le monde en parle pour faire quelques ventes, ça me désole. Et quand je vois des aspirants auteurs qui se forgent à même ces catins qui justement reçoivent les fleurs de Guy A., je ne peux qu’être triste pour l’avenir de l’expression écrite francophone, québécoise.

Les Blogs prennent de l’importance dans ce genre de situation décevante, mais encore là, il y a beaucoup de sable dans l’eau et bien peu de filtre pour rendre le tout digeste.

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VLB chauffe aux livres !

Jeudi,28 fév, 2008 · 5 commentaires

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C’est un peu hors de mes sentiers battus mais tout de même, la nouvelle était trop juteuse pour que je m’abstienne de la commentée.

Victor Lévy-Beaulieu, dans un geste rempli d’espoirs, brûle un exemplaire de son dernier roman lors de son lancement et annonce son retrait de la vie publique pour une période indéterminée.

D’abord curieux, j’ai ensuite fait place à une profonde incompréhension du geste. Bien que je ne sois pas un amateur de littérature de Lévy-Beaulieu, nul doute que le personnage a offert un apport important à notre littérature collective et son dégoûts face au statut actuel du débat souverainiste me pousse vers le non-respect de l’homme.

Laissant une distance entre son passé littéraire et son statut de citoyen est une chose qu’il ne faut pas perdre de vu et VLB, avec ce geste et la déclaration subséquente, n’hésite pas à détruire son patrimoine parce que les choses n’avancent pas comme il le souhaite. VLB se cache derrière la puissance de la patrie pour justifier son œuvre et ses actes mais comme cette patrie semble encore frileuse, son réflexe est de lui retirer ses acquis par protestation.

Vous y voyez du sens? Une forme de chantage/caprice de la part de VLB qui voulait voir un Québec-Pays de son vivant. Non seulement ça confirme que la cause souveraine est belle et bien celle d’une génération éteinte et en complète dichotomie de la génération actuelle, mais ça appuie aussi l’urgence de revamper les revendications au lieu de simplement ‘bouder’ parce qu’on a voté non à deux occasions.

Si VLB ne peut saisir cette évidence, c’est peut-être une bonne chose qu’il se retire du débat. Mais de là à brûler son œuvre symboliquement, il y a marge. Des caprices d’enfants de 4 ans de la part d’un homme d’âge mur respecté, moi, je trouve ça ridicule. Mais bon, c’est juste mon opinion.

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Un coup de pouce à la passion…

Dimanche,15 juil, 2007 · Un commentaire

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C’est l’heure de la ‘plug’ sans aucune gêne. C’est hier en traînant sur Mont-Royal que j’ai finalement décidé d’aller visiter la nouvelle librairie LE PORT DE TÊTE qui a ouvert ces portes il y a quelques mois déjà.

La librairie ne réinvente pas la roue mais, à ma grande surprise, la sélection est très impressionnante. Des livres neufs et usagés et une très belle sélection de livre de référence plus rare. On voit ici le travail d’un libraire passionné et comme le marché est déjà sursaturé à Montréal, ça prends un grand amour du livre pour lever les armes face à tous les Renaud Bray et autre pré-maché de la culture de ce monde.

N’hésitez pas à y jeter un œil et surveillez particulièrement la belle sélection de BD et de ‘graphic novels’. En plus de tout le reste, bien évidemment. Voici les infos pertinentes pour s’y rendre.

LE PORT DE TÊTE
262 ave. Mont-Royal Est (coin Henri-Julien)
Montréal, QC
H2T-1P5
514-678-9566
portdetete@videotron.ca

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On continue jusqu’au prochain arrêt…

Vendredi,8 juin, 2007 · Pas de commentaire

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Entrée très brève cette fois, mais, tellement pertinente que vous allez probablement devoir appeler vos proches pour les aviser que votre vie ne sera jamais la même après la lecture de ce billet.

Bon, j’exagère peut-être légèrement, mais tout de même, c’est un peu l’effet que me fait la fiction de Will Eisner intitulée tout simplement A Life Force. Rien de révolutionnaire ici pourtant, un ‘graphic novel’ qui ne réinvente pas la roue, mais le propos est tellement juste, tellement poignant qu’il est impossible de ne pas être profondément touché par ce que mets sur papier Eisner.

Le thème est simple, rassembleur même, c’est l’emblématique désir de vivre malgré tous les obstacles, toutes les contraintes. Eisner illustre des petites fables à la limite du pathétisme, mais qui, ultimement, touche les cordes sensibles du désir de vivre qui git subtilement dans les triples de tous et chacun.

Suicidaire inclus…

Pourquoi? Parce qu’Eisner abaisse la misère au niveau de la banalité et accorde ses violons pour offrir un portrait humain du ‘dé-pathétisme’ qui est parfois un moteur assez puissant pour reconstruire des vies qui ne vont nulle part.

Je ne veux pas non plus entrer trop dans les détails, mais c’est définitivement une lecture qui vaut la peine. Le format est génial, le ‘graphic novel’ à cette superbe qualité qui rassemble les lecteurs paresseux : ce n’est pas long à lire.

Alors, allez-y, investissez le peu de temps nécessaire pour traverser cette œuvre et comprenez ensuite pourquoi ma vie n’est plus la même qu’hier. J’ai compris un truc et un seul … Si une coquerelle s’acharne à la vie, elle mérite au moins que je dégrise pour vivre une autre journée!

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Adaptation et appropriation

Dimanche,29 avr, 2007 · Pas de commentaire

 

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L’un des fardeaux du cinéma depuis son explosion dans les années 30-40 est sans aucun doute l’adaptation sous toutes ces formes. L’exploitation ‘vaudevillesque ’ du cinéma a graduellement cédé sa place à une longue et parfois pénible tradition d’histoires et de contes. L’attraction est devenue démonstration, puis tout simplement monstration.

Mais n’ayez crainte, je n’ai pas l’intention ici de faire le procès du cinéma narratif qui, malgré tout, me berce depuis ma tendre enfance. En fait, l’introduction ici est surtout pour mettre en lumière la fâcheuse tendance qu’a l’adaptation cinématographique a produire des ratés, en ce sens ou souvent le passage d’un médium à un autre dénature tout simplement l’histoire qui se veut d’être montré. Pensons instantanément aux tentatives parfois laborieuses de mettre en images les mythiques contes des Milles et une Nuits. Malgré le génie de Ray Harryhausen, ces films sont pour la plupart que des vagues souvenirs relégués aux oubliettes.

Cependant, dans toute cette tradition de raté, un film m’a particulièrement touché de par l’essence même de son appropriation du texte d’origine. The Rules of Attraction de Roger Avary reprend d’une façon très délinquante le texte du même nom de l’auteur américain Bret Eston Ellis.

Délaissant les années 80 qui sont si chères à Ellis et laissant en suspens la plupart des tangentes bisexuelles du roman d’origine, Avary accomplit tout de même l’admirable tâche d’extraire l’essence même de la plume romanesque d’Ellis et de la transposer sur le grand écran. Je suis un très grand fan de Bret Eston Ellis qui est, à mon avis, l’un des auteurs phares de sa génération aux États-Unis. Jusqu’ici, les adaptations de ses romans étaient plutôt maladroites. Less Than Zero est définitivement à oublier et American Psycho, malgré une performance intéressante de Christian Bale, demeure très loin de la puissance du texte d’origine.

Alors pourquoi The Rules of Attraction? Je n’ai pas de réponse absolue mais la théorie la plus juste serait sans doute de souligner l’absence de prétention qu’a Avary dans sa démarche. Le film est juvénile, maladroit dans la technique, mais l’esprit est là. Ellis, c’est la génération MTV qui carbure aux drogues dures, aux nuits blanches et aux aventures sexuellement louches. Avary décontextualise, mais conserve les thématiques. Ses protagonistes sont froids, désabusés et surtout, ridiculement superficiels.

Malgré la maladresse du projet, j’attends tout de même avec impatience la prochaine adaptation d’Avary d’une œuvre d’Ellis. Glamorama a été annoncé il y a quelques années, mais le projet tarde à voir le jour. En attendant ce nouvel opus, revisitons cette superbe relecture en ce dimanche pluvieux et savourons le malheur des autres parce qu’essentiellement, c’est peut-être la seule chose qui peut encore nous distancer de notre propre malheur.

THE RULES OF ATTRACTION
Bret Eston Ellis, 1987

THE RULES OF ATTRACTION
Roger Avary, 2002

Catégories : Bouquin · Cinéma