Entries categorized as ‘Cinéma’

On verse une larme puis l’on suit le ruisseau vers la source fraîche…

Jeudi,2 août, 2007 · Pas de commentaire

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Comme plusieurs le savent sans doute déjà, deux grosses pointures de l’imaginaire cinématographique ont rendu l’âme cette semaine. Ingmar Bergman et Michelangelo Antonioni ne sont plus, laissant derrière eux deux œuvres intarissables qui continueront encore leur belle collection d’éloges que tous les cinéphiles, jeunes et moins jeunes, ont à leur offrir.

Sans tomber dans l’excès d’hommage, je ne peux m’empêcher de souligner la relation que j’ai appris à entretenir avec ces cinémas riches de sens et de découvertes. D’abord imposée, puis souhaitée, l’œuvre de ces deux grands créateurs sera sans doute une inépuisable source d’image pour mon jeune jugement encore impressionnable, voire façonnable. Pour que ces films parcourent l’immense trajet entre le dédain et la fascination dans mon esprit, il a fallu temps et concession. La belle qualité qu’on ne pourrait jamais enlever à ces deux hommes, c’est l’essentiel voyage qu’ils obligent à l’auditeur pour apprécier leurs dons à la collectivité. Que le voyage soit imposé, accidentelle ou encore planifié, il laissera toujours ses traces et sera, d’une manière ou d’une autre, au moment duquel l’on parlera en sous-entendant un ‘avant’ et un ‘après’. Peu de choses dans ce bas monde nous font explorer le voyage dans sa tradition de l’abandon de soi plutôt que du déplacement, je crois que la perte de ces deux cinéastes nous éloigne de plus en plus de ce possible évasif.

Cependant, il ne faut pas s’arrêter. Je crois qu’il faut continuer même si l’on ne cessera pas de jeter un œil dans le rétroviseur, croyant encore au canular. Cette poursuite du trajet nécessite alors un nouvel arrêt, une nouvelle quête. La mienne sera sans doute Raoul Ruiz et son film Klimt, basé sur la vie du peintre du même nom. Roland Smith et l’équipe du Cinéma du Parc nous offrent la chance de voir cette production de Ruiz sur grand écran et ce serait une grave erreur de rater l’occasion de savourer ce qui a la possibilité d’être un délire des sens à la hauteur de la réputation de Ruiz.

Le deuil n’étant pas éternel, j’espère que vous emprunterez les festivités que nous offrent Ruiz et le Cinéma du Parc. Sinon, il y a toujours les courbes de la plantureuse Marilyn à partir de la semaine prochaine. Délire visuel certes, mais attaquant d’autres sens que je vous laisse la discrétion de détailler vous-même.

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On ramasse des bonbons les pieds dans le sable…

Dimanche,22 juil, 2007 · 2 commentaires

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En Août 2007, un évènement possiblement tragique secourra la grande sphère cinématographique nord-américaine : Rob Zombie revisite l’éternel Halloween de John Carpenter.

Oui, je m’y prends relativement d’avance, mais en revoyant l’original et modeste effort de Carpenter ce week-end, je ne peux m’empêcher d’être à la fois inquiet et impatient de voir ce retour aux sources. Pourquoi? Fort simple, les deux premiers longs-métrages de Rob Zombie ont démontré un si bel amour et une si belle maîtrise du cinéma de genre que de le voir s’attaquer à cette figure emblématique ne peut qu’apporter l’eau à la bouche. Mais d’un autre, le film de Carpenter n’a tellement pas pris de rides qu’on a tout à fait le droit de questionner les justifications d’une telle revisite. Récemment, le cinéma d’horreur se retourne dans sa tombe avec le pillage en règle de ces grands archétypes. Quelques exemples….

The Amytiville Horror
The House of Wax
The Hills Have Eyes
The Wicker Man
The Texas Chainsaw Massacre

J’en passé et les meilleurs. Le besoin de faire resurgir les années 70 dans un contexte plus moderne et de plus en plus présent et c’est justement ici que la réactualisation de Michael Myers peut faire peur. Jusqu’ici, le croque-mitaine n’a jamais eu besoin de traitement fraîcheur pour être encore efficace, la preuve, Edgar Allen Poe trouve encore des lecteurs auprès notre génération saturée de violence et d’angoisse.

La sortie du film est angoissante, mais, d’un autre côté, Zombie et Carpenter partagent plusieurs points communs qui pourraient rendre cette production fort intéressante. Les deux touchent à tous les aspects de leur production, mais plus spécialement la musique, le scénario et la réalisation. Le passé d’auteur/compositeur/interprète de Zombie ne fait que m’encourager sur sa capacité à recréer un film avec de meilleures conditions que celle avec lesquelles Carpenter a dû jongler il y a presque 30 ans. 300 000$ et le maigre, mais honnête, succès de Assault on Precinct 13 derrière lui pour l’encourager, Carpenter a pondu son Halloween et a laissé aux générations futures un visage et une musique qui glace le sang. Zombie nous offre ici son 3e long-métrage, profitant du même genre d’engouement qu’avait Carpenter à l’époque.

Les conditions se ressemblent et Zombie promet d’approfondir le personnage de Myers. Bonne ou mauvaise chose? Nous allons le savoir en août. Mais en attendant, je vous suggère fortement les deux premiers longs-métrages de Zombie, House of a 1,000 Corpses et The Devils Rejects. Rob Zombie a su démontrer qu’il savait honoré de belle façon les icônes de son enfance, croisons les doigts pour que ça continue.

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Cabotinons autour de l’AFI…

Lundi,25 juin, 2007 · Pas de commentaire

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Comme mentionné dans mon billet précédent, l’AFI a renouvelé son Top 100 des meilleurs films américains de tous les temps et, dans un esprit de collaboration, j’ai replongé dans cette liste ce week-end pour y revisionner quelques-uns de mes grands favoris.

Qu’elle n’était pas ma joie de voir que Duck Soup, mettant en vedette quatre des frères Marx, s’est glissé dans la liste pour faire un joli doublé avec A Night at the Opera, avec trois des frères Marx, qui était déjà dans la précédente liste.

Alors, crème glacée ‘cookie jar!’ en main, j’attaque le visionnement de ces deux grands films de l’âge d’or des Majors qui ne lésinait pas sur le sensationnel et sur le vedettariat pour mousser les ventes de leur dernière production. Et dans les cas présents, on n’y va pas avec le dos de la cuillère. De l’opéra, du ‘slapstick’, des situations sans queue ni tête qui s’accumulent à un rythme incroyable et, en bonus, Groucho Marx qui symbolise l’irrévérence avant même que la notion soit familière à tous et chacun. C’est ce que l’on peut attendre d’un film mettant en scène les Marx. Ce n’est pas tant le récit que le cabotinage autour du récit (quand récit il y a) qui marque et qui captive autant.

La dynamique explosive entre les frères crève à ce point l’écran que parfois, le même gag placé dans deux endroits différents se réinvente de par lui même.

C’est d’ailleurs ce qu’il manque dangereusement à notre cinéma commercial de nos jours, des figures emblématiques qui traversent l’écran sans même avoir besoin d’y être. On a eu les Marx, Chaplin, Tati, Moretti, mais là … plus rien, c’est le vide complet. Il y a quelques rescapés de SNL qui tentent de recréer l’engouement, les Sandler, Carey et Farrell de ce monde, mais malgré toute leur grimace, le train manque de charbon et les bouffons deviennent rapidement bien tristes. Ce n’est pas que l’humour est en manque de d’artisans, bien au contraire, c’est que c’est même artisans s’éparpillent tellement avec l’omniprésence de la télé et des médias qu’il n’y a plus de mythe autour d’eux.

La fausse moustache de Groucho, 40 ans après sa mort, est encore un symbole fort d’une époque révolue. Quelqu’un va réellement citer ‘Happy Gilmore’ dans 15 ans? J’en doute fort.

Alors, faites abstraction du meurtre plus ou moins prémédité du mythique cinéma de l’ère ‘silver screen’ et replongé vers ces vieux classiques qui, malgré beaucoup d’efforts, ne seront pas oubliés. Gardez bien en tête aussi que les Marx, tels une bande de fous du roi acharnés, n’existent que parce que le clown peut dire les vérités de ce monde sans avoir peur de se faire couper la tête. Ça mes amis, c’est une arme salement intéressante quand elle est placée entre les mains de bonhommes habiles et intelligent tel que Groucho Marx.

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L’AFI en remet … et en enlève !

Jeudi,21 juin, 2007 · 3 commentaires

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Ça y est, l’AFI récidive et vient de mettre à jour sa liste des 100 meilleurs films américains de l’histoire. Faut en prendre et en laisser, mais ce genre de compilation est toujours un indicatif intéressant de l’appréciation d’une nation pour sa propre cinématographie. Jouons au jeu du commentaire, croyez-vous qu’Orson Welles mérite de trôner au sommet de cette liste? Pour le plaisir et meublé un week-end de trois jours avec une visite au club vidéo peut-être. Enjoy!

1. “Citizen Kane” (1941) same
2. “The Godfather” (1972) 3
3. “Casablanca” (1942) 2
4. “Raging Bull” (1980) 24
5. “Singin’ in the Rain” (1952) 10
6. “Gone With the Wind” (1939) 4
7. “Lawrence of Arabia” (1962) 5
8. “Schindler’s List” (1993) 9
9. “Vertigo” (1958) 61
10. “The Wizard of Oz” (1939) 611. “City Lights” (1931) 76
12. “The Searchers” (1956) 96
13. “Star Wars” (1977) 15
14. “Psycho” (1960) 18
15. “2001: A Space Odyssey” (1968) 22
16. “Sunset Boulevard” (1950) 12
17. “The Graduate” (1967) 7
18. “The General” (1927) new
19. “On the Waterfront” (1954) 8
20. “It’s a Wonderful Life” (1946) 11

21. “Chinatown” (1974) 19
22. “Some Like It Hot” (1959) 14
23. “The Grapes of Wrath” (1940) 21
24. “E.T. The Extra-Terrestrial” (1982) 25
25. “To Kill a Mockingbird” (1962) 34
26. “Mr. Smith Goes to Washington” (1939) 29
27. “High Noon” (1952) 33
28. “All About Eve” (1950) 16
29. “Double Indemnity” (1944) 38
30. “Apocalypse Now” (1979) 28

31. “The Maltese Falcon” (1941) 23
32. “The Godfather, Part II” (1974) same
33. “One Flew Over the Cuckoo’s Nest” (1975) 20
34. “Snow White and the Seven Dwarfs” (1937) 49
35. “Annie Hall” (1977) 31
36. “The Bridge on the River Kwai” (1957) 13
37. “The Best Years of Our Lives” (1946) same
38. “The Treasure of the Sierra Madre” (1948) 30
39. “Dr. Strangelove” (1964) 26
40. “The Sound of Music” (1965) 55

41. “King Kong” (1933) 43
42. “Bonnie and Clyde” (1967) 27
43. “Midnight Cowboy” (1969) 36
44. “The Philadelphia Story” (1940) 51
45. “Shane” (1953) 69
46. “It Happened One Night” (1934) 35
47. “A Streetcar Named Desire” (1951) 45
48. “Rear Window” (1954) 42
49. “Intolerance” (1916) new
50. “Lord of the Rings: The Fellowship of the Ring” (2001) new

51. “West Side Story” (1961) 41
52. “Taxi Driver” (1976) 47
53. “The Deer Hunter” (1978) 79
54. “M*A*S*H” (1970) 56
55. “North by Northwest” (1959) 40
56. “Jaws” (1975) 48
57. “Rocky” (1976) 78
58. “The Gold Rush” (1925) 74
59. “Nashville” (1975) new
60. “Duck Soup” (1933) 85

61. “Sullivan’s Travels” (1941) new
62. “American Graffiti” (1973) 77
63. “Cabaret” (1972) new
64. “Network” (1976) 66
65. “The African Queen” (1951) 17
66. “Raiders of the Lost Ark” (1981) 60
67. “Who’s Afraid of Virginia Woolf?” (1966) new
68. “Unforgiven” (1992) 98
69. “Tootsie” (1982) 62
70. “A Clockwork Orange” (1971) 46 (i still don’t understand who this one qualifies as American)

71. “Saving Private Ryan” (1998) new
72. “The Shawshank Redemption” (1994)
73. “Butch Cassidy and the Sundance Kid” (1969) 50
74. “The Silence of the Lambs” (1991) 65
75. “In the Heat of the Night” (1967) new
76. “Forrest Gump” (1994) 71
77. “All the President’s Men” (1976) new
78. “Modern Times” (1936) 81
79. “The Wild Bunch” (1969) 80
80. “The Apartment” (1960) 93

81. “Spartacus” (1960) new
82. “Sunrise” (1927) new
83. “Titanic” (1997) new
84. “Easy Rider” (1969) 88
85. “A Night at the Opera” (1935) new
86. “Platoon” (1986) 83
87. “12 Angry Men” (1957) new
88. “Bringing Up Baby” (1938) 97
89. “The Sixth Sense” (1999) new
90. “Swing Time” (1936) new

91. “Sophie’s Choice” (1982) new
92. “Goodfellas” (1990) 94
93. “The French Connection” (1971) 70
94. “Pulp Fiction” (1994) 95
95. “The Last Picture Show” (1971) new
96. “Do the Right Thing” (1989) new
97. “Blade Runner” (1982) new
98. “Yankee Doodle Dandy” (1942) 100
99. “Toy Story” (1995) new
100. “Ben-Hur” (1959) 72

Catégories : Cinéma

Knocked-Up … Dans le sens de …

Jeudi,21 juin, 2007 · 3 commentaires

 

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Chose promise, chose due.

J’ai mis la charrue avant les boeufs et j’ai parlé d’une critique d’un film récente, alors voici, j’ai visionné Knocked-Up cette semaine, le deuxième long métrage de Judd Appatow et honnêtement, j’ai été doublement surpris.

Étant déjà un fan très avoué des précédents efforts d’Appatow (Freaks & Geeks et Undeclared notamment), j’allais voir ce film avec un sentiment d’appartenance très fort. Je ‘connaissais’ l’équipe derrière la production, la petite histoire du film et je savais très bien à quoi m’attendre. Les dialogues de Rogen et Appatow sont toujours très mordants et oscillent toujours entre le ‘trop vrai’ et le ‘trop cru’. Je m’attendais donc à une bonne dose d’humour ‘de gars’ très gauche, axé sur les gags de ‘stoners’ et surtout quelques références obscures aux gros seins et à leurs vertus thérapeutiques.

Et bien non… Malgré quelques gags sous ce joug, l’essence même du film d’Appatow est plutôt un hymne à la camaraderie, à la possibilité de tendre la main et d’actuellement aider ses proches à se relever au lieu de ‘passer à autre chose’. Sous ses airs de comédie un peu gauche et naïve, Appatow met les fondements d’une fable sur l’humanité qui nous manque profondément, et ce, depuis plusieurs années. Pas que les films touchants et vrais se font rare, bien au contraire, mais rare sont ceux qui peuvent justement élever cette authenticité au niveau de la rendre simple et quotidienne. Rogen s’offre le rôle du gars très ordinaire, paresseux, un peu grassouillet, bref un ‘slacker’. Son père est un Harold Raimis vieillissant et ses amis sont du ‘bois mort’ pour la plupart des gens. On en a tous dans notre entourage et rarement on ose au point de les étaler sur le grand écran. Non seulement Appatow débanalise le quotidien mais il lui offre une scène que tout le monde peut apprécier. La beauté du film n’est pas tant dans son coté très ‘easy going’ mais plutôt dans le fait que tout le monde peut s’y retrouver.

Sans vouloir rien vendre, surveiller de près la camaraderie entre Rogen et ses colocataires. Non seulement tous ces moments vont faire plaisir aux fans des précédentes séries télés d’Appatow mais le tout sert de point d’équilibre pour tout le film. Quand les moments sont plus lourds, une réaction maladroite vient désamorcer le tout et quand le film devient trop juvénile, un questionnement de ses mêmes colocs vient rétablir l’ordre.

Ma plus belle surprise de l’année alors que j’étais déjà enthousiasmé de le voir, mais la surprenante profondeur du film m’a tellement ému que je ne peux qu’avoir de bons commentaires envers cet effort.

J’crois pas que ça joue très longtemps au cinéma alors, faites vite. À l’affiche en version originale au Forum AMC.


 

Catégories : Cinéma

À la mort on trinque…

Dimanche,10 juin, 2007 · 4 commentaires

 

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Aujourd’hui, j’ai revisionné Dead Man de Jim Jarmusch pour la première fois depuis mon départ de l’Université de Montréal. Pour ceux qui ne le savent pas, j’ai consacré une bonne partie de mon BAC à l’œuvre de Jarmusch et un retour vers ce dernier, pour moi, ne peut s’effectuer sans brasser un large éventail d’émotions et de souvenirs.

Sauf que cette fois ci, j’ai connecté sur un autre niveau avec ce film. Autant je l’ai apprécié pour l’hommage post-mortem qu’il offre sur le grand genre qu’était le Western, autant qu’aujourd’hui j’y ai trouvé une fable sur l’isolation d’un homme sur qui ne s’applique plus les essences mêmes de la vie. Je parlais dans mon billet précédent de Will Eisner et de son désir de s’accrocher à la vie. Bien dans ma nouvelle visite chez Jarmusch, j’ai été accueilli par une fable portant sur l’abandon et surtout sur l’illumination que l’on craint tous : chaque homme meurt seul et cette situation est inévitable.

Le William Blake de Jarmusch meurt non seulement seul, mais anonyme, empruntant une vie, une fuite et même une amitié avant de se laisser aller vers la destination qui lui était assignée depuis l’ouverture du film. De l’Est actuel à l’Ouest d’antan, la quête de ce fantôme livide est de disparaître à tout jamais, sans laisser de trace.

C’est ce qui m’effraie un peu de la vie… Disparaître à tout jamais, sans laisser de traces.

Enfin bref, tenter le coup de revoir Jarmusch sous un autre œil, la richesse du film est telle que chacun y trouve sa fable, sa quête et que l’essence même du voyage réside dans la compréhension de sa destination. Je vous laisse sur un poème de William Blake, citer à plusieurs reprises dans le film. Cheers !

Every night and every morn
Some to misery are born,
Every morn and every night
Some are born to sweet delight.

Some are born to sweet delight,
Some are born to endless night.

Catégories : Cinéma

D’une harmonie à l’autre…

Jeudi,24 mai, 2007 · Pas de commentaire

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Harmony Korine est à Cannes cette année, souvenons-nous du roi crasseux de la singularité filmique américaine…

Bon, la formulation est assurément gauche mais tout de même, le passage de Korine avec son troisième long métrage cette année à Cannes m’a rappelé à quel point j’aime le travail de ce cinéaste. Trop espacé à mon goût, chaque film de Korine est un évènement en soi et je crois qu’il est très pertinent de prendre un peu de recul et de jeter un coup d’œil, encore une fois, vers son superbe long métrage Gummo.

Dans l’univers distortionné de Korine, Gummo n’est pas le cinquième Marx discret. Chez Papa Korine, Gummo est l’accumulation de fragments d’une vie post-apocalypse telle qu’elle serait vécue dans le sud des États-Unis. Déviation sur les évènements entourant la tornade qui a terrassé la petite communauté de Xenia, Ohio, l’expérience de Gummo se rapproche d’une science-fiction malsaine ou plutôt d’une anticipation incontrôlable. Dans ses mots proprement crasseux, Korine étale les pièces d’un casse-tête difforme puis les racole ensemble avec ce qui serait l’équivalent d’un ‘duck-tape’ observateur.

En fait, essayer de mettre des mots sur l’univers complexe de Korine est un exercice plutôt hasardeux. Non seulement les mots justes se font rares quand vient le temps de cerner le personnage, mais ils sont d’autant plus futiles quand l’on s’attarde le moindrement à la trame narrative du film. Deux jeunes garçons marchandent des carcasses de chats contre quelques dollars. Trois jeunes filles découvrent la vie et la sexualité sur un terrain vague ne laissant que trop peu d’options. Etc…

Le village ravagé exposé par Korine n’est pas anonyme, mais n’a pas d’identité non plus. C’est une vision au travers d’un fond de bouteille trouvé au bord de feu délaissé. C’est sale, c’est flou par endroits et ce n’est pas toujours évident à cerner, mais tout de même, l’objet offre un possible de compréhension étonnant. Par le questionnement fait, surface l’illumination, l’émerveillement face à la naïveté projetée hors de ce microcosme hostile. Korine ne fait pas dans la dentelle, mais il sait être touchant juste ce qu’il faut pour rendre tolérable ces véritables visions d’horreur.

Toujours marqué par ses visages uniques, ses accents forts et ses situations complexes, le petit monde de Korine ne se laissera probablement jamais apprivoisé. Qualifié comme un cinéaste à l’état brut, indompté, limite sauvage, Korine fait beaucoup de chose avec sa production filmique, mais il ne laisse assurément pas indifférent. Gummo, c’est un cri du cœur assourdi dans la vase. Ça crée des remous, mais c’est toujours la crasse qui frappe en premier. On n’y échappera pas avec Gummo et Korine va en rajouter avec Julian Donkey Boy. Mais on aime ça.

J’aime ça…Et j’espère que vous allez aimer ça.

Harmony est de retour, allons tuer des chatons (métaphoriquement parlant).

Site Officiel
Gummo sur Wiki

Catégories : Cinéma

It’s the Animation Show…YEAH !!!

Dimanche,20 mai, 2007 · Un commentaire

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Une petite mise à jour rapide pour vous rappeler de ne pas manquer, cette semaine seulement, les projections du troisième volet du Animation Show de Mike Judge et Don Hertzfeldt.

Le tout se déroule au Cinéma du Parc, à tous les soirs jusqu’au 25 mai.

FILMS A SURVEILLER :

EVERYTHING WILL BE OK
Don Hertzfeldt
USA, 2006

Un film mature, très étonnant de la part du jeune animateur américain. Une très belle surprise et j’étais déjà un fan de ces films précédents.

OVERTIME
Oury Atlan, Thibaut Berland et Damien Ferrie
France
, 2004

Un hommage post-mortem absolument sublime à l’œuvre de Jim Henson. Une fable un peu morbide, mais tellement touchante. À voir et revoir…

Site Officiel

Catégories : Cinéma · Divers

Agrumes et plasticine…

Mercredi,16 mai, 2007 · Pas de commentaire


Petite entrée brève pour vous présenter mes amis de chez Orange Productions.

Le film plus haut est leur dernier court-métrage, utilisant notamment une déviation sur la rotoscopie.

Enjoy!

Catégories : Cinéma · Divers

Adaptation et appropriation

Dimanche,29 avr, 2007 · Pas de commentaire

 

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L’un des fardeaux du cinéma depuis son explosion dans les années 30-40 est sans aucun doute l’adaptation sous toutes ces formes. L’exploitation ‘vaudevillesque ’ du cinéma a graduellement cédé sa place à une longue et parfois pénible tradition d’histoires et de contes. L’attraction est devenue démonstration, puis tout simplement monstration.

Mais n’ayez crainte, je n’ai pas l’intention ici de faire le procès du cinéma narratif qui, malgré tout, me berce depuis ma tendre enfance. En fait, l’introduction ici est surtout pour mettre en lumière la fâcheuse tendance qu’a l’adaptation cinématographique a produire des ratés, en ce sens ou souvent le passage d’un médium à un autre dénature tout simplement l’histoire qui se veut d’être montré. Pensons instantanément aux tentatives parfois laborieuses de mettre en images les mythiques contes des Milles et une Nuits. Malgré le génie de Ray Harryhausen, ces films sont pour la plupart que des vagues souvenirs relégués aux oubliettes.

Cependant, dans toute cette tradition de raté, un film m’a particulièrement touché de par l’essence même de son appropriation du texte d’origine. The Rules of Attraction de Roger Avary reprend d’une façon très délinquante le texte du même nom de l’auteur américain Bret Eston Ellis.

Délaissant les années 80 qui sont si chères à Ellis et laissant en suspens la plupart des tangentes bisexuelles du roman d’origine, Avary accomplit tout de même l’admirable tâche d’extraire l’essence même de la plume romanesque d’Ellis et de la transposer sur le grand écran. Je suis un très grand fan de Bret Eston Ellis qui est, à mon avis, l’un des auteurs phares de sa génération aux États-Unis. Jusqu’ici, les adaptations de ses romans étaient plutôt maladroites. Less Than Zero est définitivement à oublier et American Psycho, malgré une performance intéressante de Christian Bale, demeure très loin de la puissance du texte d’origine.

Alors pourquoi The Rules of Attraction? Je n’ai pas de réponse absolue mais la théorie la plus juste serait sans doute de souligner l’absence de prétention qu’a Avary dans sa démarche. Le film est juvénile, maladroit dans la technique, mais l’esprit est là. Ellis, c’est la génération MTV qui carbure aux drogues dures, aux nuits blanches et aux aventures sexuellement louches. Avary décontextualise, mais conserve les thématiques. Ses protagonistes sont froids, désabusés et surtout, ridiculement superficiels.

Malgré la maladresse du projet, j’attends tout de même avec impatience la prochaine adaptation d’Avary d’une œuvre d’Ellis. Glamorama a été annoncé il y a quelques années, mais le projet tarde à voir le jour. En attendant ce nouvel opus, revisitons cette superbe relecture en ce dimanche pluvieux et savourons le malheur des autres parce qu’essentiellement, c’est peut-être la seule chose qui peut encore nous distancer de notre propre malheur.

THE RULES OF ATTRACTION
Bret Eston Ellis, 1987

THE RULES OF ATTRACTION
Roger Avary, 2002

Catégories : Bouquin · Cinéma